Pour revoir la « vie en roses » …

Posté par LPBSM le 29 mai 2016

Bonjour,

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

C’est en ce jour spécial, célébrant la fête des mères, que j’ai souhaité vous envoyer des ondes positives (relisez bien, je n’ai pas parlé « d’ondées ») pour louer la fête de celles qui ont veillées sur notre développement et notre éducation .

Ces quatre roses pourraient symboliser nos quatre points cardinaux, nous ramenant à la représentation intellectuelle de la découverte de notre terre qui fut, avec les diverses péripéties qu’imposait au XVIème siècle un dogmatisme religieux basé sur un géocentrisme, une véritable liberté d’expression .

Globe terrestre en 1600 BNF

 Globe terrestre de Jodocus Hondius, de 1600,  acquis par la Bibliothèque nationale en 1980 .

Liberté d’expression toute relative si l’on en juge par l’exécution de Giordano BRUNO brûlé en place publique le 17 février 1600 à Rome par l’inquisition Romaine, ou de l’abjuration du 22 juin 1633 par Galilée afin d’éviter le bûcher pour relaps .  Pourtant la thèse de Copernic n’était pas neuve car directement inspirée par celle d’Aristarque de Samos au IIIème siècle avant notre ère (-300) et du mouvement des astres identiques à ceux établis par les astronomes de l’école de Maragha aux XIIIe et XIVe siècles ; mais l’église même si elle réhabilite Galilée en 1784, n’acceptera définitivement qu’au XIXème siècle (dans les années 1820-1830) l’idée que la Terre tourne autour du Soleil .

représentation du globe terrestre au XVII -XVIII

Globe terrestre du XVIIIème siècle où l’Afrique est déjà représentée .

Mais l’histoire de ce bouquet est bien différent de celui du règne des « lumières » (même si cela est nécessaire pour voir l’éclosion des roses) puisqu’il provient du jardin d’une gente dame qui a abordé le terme « octo » dans la culture de son propre jardin de façon « Candide » .

Ce bouquet m’a été offert par Madame FROGEAIS dont l’un de ses fils, Eddy, est un animateur infatigable de  « La Plomberie »

 

image Plomberie 02

Permanences les mardis et jeudis de 14h30 à 18h30 et le vendredi de 14h à 18h00

admin.plomberie@free.fr – 07 77 99 27 52

http://laplomberieducanal.free.fr

Il fait également partie du groupe « Mémoire du quartier Saint-Martin » qui doit finir par vous proposer une exposition sur l’histoire du plus petit quartier de Rennes sur le plan spatial, mais très richement doté sur le plan culturel et historique pour ceux qui souhaitent le découvrir .

Certains beaux esprits sachant manier les vers vous dirons :

.. Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin…

Cela nous ramène à notre condition humaine de mortel, mais ces vers écrits par MALHERBE (mal herbe durant son siècle signifiait « mauvaise herbe ») en 1592 à l’occasion de la mort de Rosette, la fille de Cléophon, son ami normand, pour le réconforter, même s’ils nous évoquent un autre poème de Pierre RONSARD :

Mignonne, allons voir si la rose

À CASSANDRE

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée,

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ! ses beautés laissé choir !

Ô vraiment marâtre Nature,

Puis qu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vôtre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

Ronsard (1524, Vendômois)

Odes, I,17

Vous seriez tout à fait en droit de vous dire que Cassandre (fille de Priam) dans la mythologie grecque incarnait les mauvaises présages ; mais non !   Il s’agit ici d’un poème composée en 1545 après la rencontre de Pierre de RONSARD, alors âgé de 20 ans, avec Cassandre SALVATI, fille d’un riche banquier italien et dont il était éperdument amoureux .

La véritable morale qui se dégage de cet article est de profiter du moment que nous vivons sur cette terre en essayant d’en apprécier chaque instant car « le temps perdu ne se rattrape plus » (il s’agit d’un extrait de la chanson de BARBARA : « Dis quand reviendras-tu », auteur compositeur) .

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J.M. MARTIN pour LPBSM

P.S. :

Même s’il aurait été souhaitable de faire une fête des Maires, pour des gens qui se dévouent le plus souvent pour que la dure tâche de la vie en commun soit la plus harmonieuse possible, le titre même de cet article n’aurait pas pu correspondre à ce qu’ils doivent subir et endurer au quotidien . 

Pour les plus dévoués, le titre de cet article aurait dû s’intituler : « la vie en rosse » …

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Si Wiki-Rennes m’était conté … (première partie)

Posté par LPBSM le 20 mai 2016

Bonjour,

 Logo Wiki-Rennes 01

Je suis une sorte d’aficionado de Wiki-Rennes que je consulte très régulièrement ; tout y semble illustré dans les normes et les références semblent sérieuses . Mais …

 Justification des images 03

Mais, il se trouve que j’ai dû travailler sur les Moulins de Saint-Martin et du Trublet, dans le cadre de la constitution de panneaux pour notre prochaine exposition financée par la Ville de Rennes sur la « Mémoire du quartier Saint-Martin » .

J’ai pu donc constater que, si l’on souhaitait y comprendre quelque chose, Wiki-Rennes, dans trois articles sur le sujet, ne faisait qu’embrouiller les dates .

Donc avant d’écrire de grosses bêtises (comme dans l’ancien article de Wiki-Rennes sur : http://www.wiki-rennes.fr/Trublet_ou_Trubl%C3%A9#cite_ref-2 en écrivant : « En 1899, Edouard Leroux déclare la démolition des deux moulins. [2] »…

Erreur 01

alors qu’Edouard LEROUX était mort depuis le 15 août 1865  …. !  De plus en 1899, c’est Laurent Zwingelstein qui était devenu propriétaire des moulins (après en avoir été le locataire pendant un peu plus d’un an) .

La manufacture en 1905

J’ai donc préféré, dans un premier temps, après avoir fait moult démarches auprès de l’association « Bug » qui se sont toutes terminées par des échecs dans le style : « on va vous rappeler » … demander à Oliver ALFERT (un participant actif de notre groupe « Mémoire du quartier Saint-Martin »),  de supprimer cette phrase qui posait un petit problème chronologique ; une sorte de petit bug … logo bugs (Logo de l’association) !

 

Dans un second temps, je vais vous proposer une petite histoire sur la chronologie des différents propriétaires de ces 4 moulins (les deux de Saint-Martin et les deux du Trublet) qui vous permettra, je l’espère, de mieux vous y retrouver .

 

Les Propriétaires :

 Avant que vous ne trouviez d’autres sources qui vous dirons ce qui semblera être en contradiction avec celles que je vous donne, il est très important de comprendre que le Moulin Saint-Martin qui appartient aux religieux de l’abbaye de Saint-Mélaine, n’est pas celui des moulins Saint-Martin (ceux que nous connaissons sous ce nom) qui appartenaient au Duc de Bretagne (mentionné dans le cartulaire de Saint-Mélaine en 1255 et qui en désigne le Duc Jean 1er dit Le Roux – 1237-1286 – comme propriétaire) .

Ce Moulin de Saint-Martin est en fait celui que nous connaissons de nos jours sous le nom de Moulin de Trublet, situé sur l’ancienne paroisse de Sain-Martin des Vignes avec les terres qui l’entourent .  Les différents abbés conserveront ce patrimoine jusqu’en 1789 .  L’église appartenait dès avant 1158 à l’abbaye de Saint-Mélaine (*1) et fut détruite en 1794 (*2) .

St Martin Abbaye de Beuron en Allemagne

Histoire de compliquer un peu les choses, les propriétaires des terrains peuvent, au cours du temps, être différents de ceux des moulins (en tant que construction) qui résident sur ces terres .

Afin de simplifier l’historique des nombreux propriétaires qui se sont succédés depuis 1255, je ne prendrai en compte que la liste depuis 1766 (juste avant la Révolution Française) car cette histoire est emblématique des grands bouleversements de la propriété comme très souvent quand le pouvoir change de main y compris et surtout dans les périodes d’occupation) .

Le 17 mai 1766 dame Pélagie LE CAS vend à François-Sébastien Gazon de-la-Maisonneuve (1661-1787, fils de Sébastien Gazon, et comme son père marchand de soie et de draps près de la rue Royale à Rennes),  les deux moulins Saint-Martin dont le moulin à seigle ne tourne plus .

Le 22 septembre 1770, François-Sébastien Gazon de-la-Maisonneuve devient Général Provincial des Monnaies au département de Rennes .

En 1787, Julien-Marie Gazon-des-Rivières (1748-1er mai 1794), le plus jeune fils de François-Sébastien Gazon-de-Maisonneuve, avocat au Parlement, hérite seul de la charge de conseiller-général-provincial des Monnaies au département de Rennes et également des 2 Moulins Saint-Martin (il y a plusieurs fils et filles dont je vous évite l’énumération) .

Le 29 décembre 1790, après avoir été un parfait royaliste, il présente une soumission d’achat du Moulin de Trublet devenus alors « bien national » .  Il s’est, bien évidemment, reconverti et est maintenant colonel de la Garde Nationale en 1792 et, le 23 septembre 1793, il sera même nommé chef de légion de la même garde . 

Bicorne de Muscardin 04

Mais le 19 février 1791, soumis aux enchères comme bien national, Le Moulin de Trublet et les prairies de Saint-Martin sont emportés, par Louis BONNAL fils, pour la coquette somme de cinq mille six cent livres (pour le moulin) et trente-quatre mille neuf cent livres (pour les prairies) .  Louis BONNAL fils deviendra président de l’administration municipale de l’an VI à Rennes .

La veuve, Julie-Marie Gazon et son fils Armand-Séverin Gazon (plus question de la moindre particule  …!) hériteront des Moulins de Saint-Martin à la mort de Julien-Marie Gazon-des-Rivières en (1794 *3) mais pas du Moulin du Trublet qu’avait réussi à acheter Louis BONNAL .

Les locataires :

Ce n’est pas parce que l’on devient propriétaire de moulins qu’on devient meunier et le 15 septembre 1812, on retrouve un bail « d’affermage » de 8 ans en faveur de Jean-Marie GOSSE qui accepte d’en payer le prix et succède ainsi à Pierre BRUNEL son prédécesseur .  Mais il n’exploite qu’un seul des deux moulins, transformé par lui en moulin à « tan » (*4) alors que le moulin à farine de froment est exploité par Olivier DEROUIN .

Au bout d’une année, le 14 décembre 1813, il sous-loue le moulin à tan à Pierre LEROUX qui doit refaire à neuf la machine à tan et ne pourra donc en jouir que le 24 juin 1813 (*5) .

Pierre LEROUX n’a plus que 7 ans devant lui pour acquérir les deux moulins de Saint-Martin en les rachetant à Armand-Séverin GAZON .

Cela sera réalisé en 1821 alors qu’il est marié à Marie-Aimée-Véronique BRIZOU depuis 1807 à Rennes (ce qui pourrait paraître n’être qu’un détail va devenir très important par la suite) .

Roue à aubes 01

 

Je vais arrêter là provisoirement cette chronologie car j’aurais prochainement un rendez-vous avec les descendants de la famille BRISOU qui devraient me renseigner sur les « tanneries Brisou » cédée en 1857 à Eugène,-Marie, PINAULT .

Avant de pouvoir démêler cet écheveau, de l’eau risque de couler de l’Ille vers la Vilaine ; voilà pourquoi je publie déjà cette première partie car certain(e)s l’attendent avec impatience .

.

J.M. MARTIN pour LPBSM


P.S. :

(*1) : « Pouillé historique de l’archevêché de Rennes » (1880-1886), volume n°6, par le chanoine Guillotin de Corson (1837-1905) .

(*2) :  Il existe en France de nombreuses églises portant le nom de Saint-Martin des Vignes (à Saint-Claude dans le Jura, à St Didier près de Lons-le-Saunier, à Périgueux et Sarlat, à Eymet entre Marmande et Bergerac, etc …)  des Saint-Martin és-Vignes près de Troyes, de Saint-Martin des champs en Yvelines, etc …

(*3) : Il a très probablement été tué le 1er mai 1794 au bois de Cicé à proximité de Bruz (marais de Cicé Blossac, prairie de la Giraudais), surpris par une bande de chouans qu’il pourchassait .  Il avait acheté aux enchères le 2 mai 1791 la chapellenie de la Gouverdière saisie comme bien national .  Il la revend le 10 avril 1794 à Mathurin Sevestre, Ingénieur des Ponts et Chaussées originaire de Rennes .  

Extrait de la Généalogie de Jean Hervé FAVRE sur Geneanet : http://gw.geneanet.org/favrejhas?lang=fr&p=julien&n=gazon .  Même si la Généalogie de Hubert de la MORINIERE nous invite à la prudence de sources non vérifiables sur le même site : http://gw.geneanet.org/hublelievre?lang=fr&p=julien+marie&n=gazon .

(*4) :  le « tan » est l’écorce de chêne, très nombreux dans la forêt de Rennes, ou de châtaignier, mis en poudre pour la préparation des cuirs car contenant des tanins concentrés ;  Les peaux étaient trempées dans des fosses à tan pendant au moins un an avant d’être travaillées .  « L’eau de jusée » est l’eau récupérée d’un premier trempage des peaux dans l’écorce de tan et utilisée pour des cuirs plus souples comme celui du veau .  Le premier jour de chaque mois, une vente publique de peaux était prodiguée dans tout l’Ouest de la France y compris à Rennes .  À la fin du XIXème siècle, l’industrie substitua le chrome au tan .

(*5) :  Il est très probable d’après l’arbre généalogique de la famille BRISOU (ou BRIZOU) que ce soit Jean-Marie BRISOU (1752-1829) qui aurait fondé la première tannerie en 1799 ou 1800 et non son fils Pierre qui n’avait que 20 ans à l’époque .  Pierre-François LEROUX (1784-1833), fils de Pierre-Jacques LEROUX (1757-1829), qui a épousé Louise Charlotte BRISOU, rentre, sans le savoir, dans l’enjeu des successions d’héritages d’une famille de tanneurs .  Pierre-François LEROUX en épousant Marie-Aimée-Véronique BRISOU en 1807, confirme ce choix de s’imposer en tant que tanneur  .  En 1813, il a 29 ans et désire non seulement broyer le tan mais s’en servir aussi comme combustible pour la future tannerie qu’il à l’intention de créer à la place des 2 moulins de Saint-Martin .  

imgp6518redimensionner.jpg

La plupart des références sérieuses sont tirées de :

Les moulins Saint-Martin, par Annik Pelhâte-Peron, dans « Des Moulins du Pays de Rennes ». Université du Temps Libre du Pays de Rennes. UTLA de Bretagne – Vol.6 – oct. 1999 (pp. 51 à 81)

et de :

Les moulins de Trublet, par Annik Pelhâte-Peron, dans « Des Moulins du Pays de Rennes ». Université du Temps Libre du Pays de Rennes. UTLA de Bretagne – Vol.6 – oct. 1999 (pp. 83 à 108)

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Pour votre prochain Week-end

Posté par LPBSM le 11 mai 2016

Bonjour,

Comme chaque année, le festival de Jazz de Tinténiac se modernise avec des nouveautés :

 

BoogieSwing137-A5_v10 (2)_page_001 BoogieSwing137-A5_v10 (2)_page_002 BoogieSwing137-A5_v10 (2)_page_003  BoogieSwing137-A5_v10 (2)_page_004

 

              Pass 3 concerts : 40€

         Réservations concerts : 02 99 68 18 68 ou BoogieSwing137@gmail.com  

        

 Buvette et restauration sur place le samedi 21 mai 2016 à partir de 18h30

Soirée de gala « Quand le jazz vous donne l’envie irrésistible de bouger ! »

Espace « Ille et Donac » :  Rue Saint Mirel Tinténiac

Tinténiac plan n)1 Tinténiac plan n)2

 Espace Ille et Donac  à Tinténiac – 20h30 – 20€ 

 FRANK MUSCHALLE TRIO, formation internationale composée de FRANK MUSCHALLE, 

 un des plus fins pianistes allemands, accompagné de ses deux indispensables complices :  

 DANI GUGOLZ, contrebassiste et chanteur suisse et PETER MÜLLER, batteur autrichien.

 JEAN-PIERRE BERTRAND, « Maître ès Boogie », à l’origine du « revival » de ce style en France.

 SERGE RAHOERSON, la voix mélodieuse du saxophone, également pianiste et batteur.

 GILLES CHEVAUCHERIE à la contrebasse.

 « LES RATS DE CAVE », compagnie de danse Swing / Be bop, typique des caves de jazz 

 de St Germain des Prés des années 50.

 Avec la participation du GILLES BLANDIN TRIO.

Bon week-end musical à toutes et à tous .

J.M. MARTIN pour LPBSM

 

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Mais pourquoi … ?

Posté par LPBSM le 31 janvier 2016

Bonjour,

 Pont Jean Jaurès - sur les abris bus il est marqué République

photo représentant les arrêts de la ligne n°12 sur le pont Jean Jaurès au premier plan .

J’ai dû laisser plusieurs lectrices et lecteurs sur des points d’interrogations dans mon dernier article  : http://lepetitblogdesaintmartin.unblog.fr/2016/01/04/voeu-pieu-ou-histoire-denfoncer-le-cloud/ .

Pourquoi les chauffeurs de bus ne savent pas qu’il s’agit du pont jean Jaurès ?   Tout simplement parce que sur les arrêts d’abri-bus, le nom marqué est : « République » .

Mais alors, pourquoi le pont de Berlin a-t-il été rebaptisé : pont Jean Jaurès ?  Et pourquoi s’appelait-il avant le pont de Berlin ?

Jean JANVIER, représentant du parti radical, est élu maire de Rennes le 10 mai 1908 jusqu’au 26 octobre 1923 date de sa mort à l’âge de 64 ans ; il succédait à Eugéne PINAULT .

Jean Janvier en 1914

Jean JANVIER en 1914

Le 28 juillet 1914, alors que la France entre en guerre contre l’Allemagne, des voix déjà s’élèvent pour demander à la municipalité de Rennes de changer les noms du pont de Berlin et de la rue qui y mène :

« Nous avons à Rennes la rue de Berlin. Se peut-il que ce nom soit maintenu ? Plusieurs de nos concitoyens ont pensé que non. Et ils ont écrit à la municipalité pour lui demander de débaptiser la rue de Berlin. » (L’0uest-Éclair du 15 août 1914).

Cependant, Jean JANVIER n’est pas pour .   Pourquoi ?

Cette dénomination rappelle pour lui, l’entrée triomphale de Napoléon en 1806 dans Berlin, après les défaites d’Iéna mais surtout d’Auerstaedt de l’armée prussienne, où l’empereur des français (depuis le 2 décembre 1804 (*1))  fait défiler ses troupes sous la porte de Brandebourg ornée d’un très beau quadrige (*2) .  Seul le Kaiser (*3) avait ce privilège ; tout un symbole .  Après ce défilé, le quadrige fut descendu de la porte et envoyé par Napoléon à Paris comme butin .

Le quatrige de la porte de Brandebourd à Berlin

Tableau de Charles MEYNIER (1763-1832) représentant

les troupes impériales défilant sous la porte de Brandebourg à Berlin

« Elle pourrait même évoquer à l’avenir un nouveau triomphe, celui des poilus marchant sur la capitale allemande », dira-t-il devant le conseil municipal .  Mais la guerre, prévue pour être courte et victorieuse, s’enlise dans les tranchées et devient longue et parfois abominable voire monstrueuse . 

 « Passer rue de Berlin quand on lutte contre les « Boches » depuis douze mois, quelle horreur et quelle dérision ! », écrira Pierre du Mail dans L’Ouest-Éclair du 19 août 1915 .

Le 17 décembre 1915 le conseil municipal cèdera et renommera la rue et le pont de Berlin, respectivement : Rue Jean Jaurès et pont Jean Jaurès .

Jean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914 La une de l'Humanité titrant sur la mort de son directeur le 1er août 1914

Jean Jaurès (1859-1914) assassiné le 31 juillet 1914 et la Une de l’humanité titrant le 1er août sur l’assassinat de son directeur

Mais pourquoi le choix de Jean Jaurès ?

Jaurès a été assassiné, il y a un peu plus d’un an, par Raoul VILLAIN .  Cet assassinat, qui a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale, a précipité le déclenchement des hostilités en permettant le ralliement de la gauche y compris de certains socialistes qui hésitaient à voter pour l’«Union Sacrée» .

Raoul Villain -1885-1936

Raoul Villain  1885-1936 fusillé par les anarchistes espagnols à Ibiza

où il s’était retiré pendant la guerre d’Espagne .

Petit détail croustillant, Villain sera acquitté le 29 mars 1919, par onze voix pour et une voix contre, le président du tribunal ordonnant sa mise en liberté immédiate (il avait été incarcéré durant toute la guerre à la prison de la Santé) et l’honorant pour avoir été un bon patriote .  La Cour condamne la partie civile aux dépens du procès envers l’État .  Madame Jaurès est donc condamnée à payer les frais de justice … !

Les quais de la Vilaine 07.jpg en 1911   c

En espérant avoir réussi à effacer tous ces points de questionnement, j’espère que vous ne ferez plus le pont sans avoir envie de partager votre savoir avec ceux qui l’ignorent encore afin de leur donner l’impression d’avoir gagné le pompon ou le bon pont .

.

.

J.M. MARTIN pour LPBSM

.

P.S. :

(*1) Napoléon se fait sacrer, ou pour être plus exact se sacre lui-même, empereur en l’église Notre Dame de Paris le 2 décembre 1804 ; sacre immortalisé par Jacques-Louis DAVID, peintre officiel du nouvel empereur, sur une toile de 10 mètres sur six ; toile qu’il estimera définitivement terminée en 1808 .

Sacre de Napoléon et de l'impératrice Joséphine le 2 déc 1804  à ND de Paris peint par JL David entre 1806 et 1807

Toile du sacre commencée en 1804 et terminée officieusement en 1807

Pour plus de détails voir :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sacre_de_Napol%C3%A9on

(*2)  En 1793, la porte de Brandebourg est couronnée du quadrige de Johann Gottfried Schadow (1764-1850) figurant la déesse de la Victoire sur un char tiré par quatre chevaux .  Après la victoire des troupes alliées contre Napoléon en 1815, le quadrige a été retrouvé par les troupes du général Blücher encore emballé dans des caisses, et renvoyé à Berlin .

(*3) Le Kaiser François II  est couronné roi de Hongrie à Buda le 6 juin 1792, élu empereur des Romains le 7 juin 1792, puis couronné à Franckfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792 ; il est couronné roi de Bohême le 5 août 1792 .

Kaiser Fraçois II de 1804 à 1806 François II empereur des Romains puis à partir du 11 août 1804 François Ier d'Autriche

François Ier d’Autriche
peint par Friedrich von Amerling .

Neveu de Marie-Antoinette, il se trouvera engagé dès le commencement de son règne dans un conflit contre la France qui durera pendant vingt-trois ans .  L’Autriche sera battue partout et François II se verra contraint de signer en 1797 le traité de Campo-Formio qui lui enlèvera les Pays-Bas autrichiens, la Lombardie et donnera à la France toute la rive gauche du Rhin absorbant les électorats de Trèves, de Cologne et une grande partie de celui du Palatinat du Rhin .   À titre de dédommagement, l’Autriche recevra la république de Venise .

Ayant repris les armes, il sera de nouveau battu à Marengo et Hoenlinden, puis perdra, par le traité de Lunéville en 1801, toutes ses possessions sur la rive gauche du Rhin .  Dans une troisième campagne, en 1805, il sera encore battu à Ulm, à Austerlitz, et sera obligé de signer la paix de Presbourg qui diminuera encore ses possessions .

Le 12 juillet 1806, il doit renoncer au titre d’empereur des Romains et devient empereur d’Autriche sous le nom de François Ier .

Il tentera une quatrième fois de s’imposer par les armes en 1809 et sera encore battu à Eckmühl et à Wagram se voyant contraint de demander la paix de Schönbrunn .  Pour éviter le pire, il mariera sa fille, Marie-Louise d’Autriche, à l’empereur Napoléon Ier .

Le dernier des Kaiser fut Guillaume II empereur d’Allemagne Guillaume II le Kaiser empereur d'Allemagne (1859-1941) troisième et dernier empereur allemand et neuvième et dernier roi de Prusse, qui abdiquera officiellement le 9 novembre 1918 (le traité d’abdication ne sera signé que le 28 novembre 1918) alors qu’il résidait au château de la Fraineuse, à Spa .  Puis, il se réfugiera à Doorn, aux Pays-Bas, protégé par la reine Wilhelmine .  Ainsi, il ne sera pas livré aux vainqueurs pour être jugé comme responsable de la première guerre mondiale conformément aux souhaits de ses ennemis alliés  .

 

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Voeux pieux ou histoire d’enfoncer le cloud …

Posté par LPBSM le 4 janvier 2016

Chers lectrices et chers lecteurs,

 

     2016  04(*1)

Impossible de reculer … l’horloge du temps continue à tourner malgré l’envie de certain(e)s de dire : STOP !   On fait la pose …

Nous sommes condamnés à être « Happy » ou à ne pas l’être .  Ceux qui seront « Papy » cette année s’en approchent doucement (surtout chez les dyslexiques), mais pour les autres … parfois c’est dur .

Le vieux pont de Berlin sur la Vilaine qui s’était écroulé en 1837 et reconstruit en 1839 a été débaptisé le 17 décembre 1905 en pont Jean Jaurès par décision du conseil municipal, mais aucune plaque ne le mentionne aujourd’hui .  J’ai fait ma petite enquête sur le terrain et personne n’était capable de mentionner ni l’ancien nom du pont ni le nouveau nom (y compris le chauffeur de bus) .

Pont de Berlin en 1900  01 rue de Berlin 01   c

Pont de Berlin en 1900 et pont et rue de Berlin en 1905

Aujourd’hui la rue de Berlin dans son premier tronçon s’appelle la rue Jean Jaurès et le second tronçon qui mène au Parlement s’appelle rue Edith Cavell .  Mais qui était Edith Cavell ?

Edith Cavell en 1890 fusillée en 1915 01

Edith Cavell, infirmière anglaise, photographiée ici en 1890 et fusillée en octobre 1915 par les Allemands pour « haute trahison » …

Pourquoi n’avons nous pas à Rennes un rappel historique qui donne du sens aux noms des rues permettant à des visiteurs, espérés par la municipalité, de venir visiter un véritable patrimoine culturel qui est à ce jour très mal exploité et dont l’obsession est de rivaliser en taille avec Nantes en favorisant la construction systématique des « jolis » cubes de bétons, tous identiques, pour bien favoriser la monotonie .

Frédéric BOURSIER Fréséric BOURSIER 5éme adjoint en 2014 a bien essayé de promulguer cette idée au sein de « l’ancien » conseil municipal (mis à part le changement de poste, je ne vois pas beaucoup de différences avec le « nouveau » conseil municipal), mais le manque de propositions sérieuses par les acteurs privés qui ne croient pas à la richesse qui est à leur portée, lui a fait baisser les bras . 

Dommage !  

Ci-dessous, le projet de cubes sur l’ancien îlot ou « barrière de l’Octroi » décidé en avril 2015 :

Modélisation du projet de l'Octroi décidé le 16 avril 2015

L’Octroi : porte d’entrée de Rennes au XIX ème siècle des marchandises apportées par bateaux .

L’octroi est le nom d’une taxe autrefois perçue par les communes sur les marchandises qui entraient sur leur territoire .  Les pavillons d’octroi hébergeaient l’administration chargée de percevoir cette taxe : les portes des villes étaient souvent signalées par des pavillons situés de part et d’autre de la route et reliés par une barrière, voire une porte fortifiée comme celles de Mordelles (porte Mordelaise) ou du Pont Saint-Martin (route de Saint-Malo) à Rennes .
.
Mes voeux, pour cette année 2016, vont se porter sur la prise de conscience de la possession d’un patrimoine unique qui sera la richesse de l’avenir des prochaines générations et qu’il serait souhaitable que le nouveau conseil puisse enfin en prendre conscience comme d’une véritable richesse dans un avenir où personne ne viendra visiter ces « horribles cubes de bétons » qui se construisent aujourd’hui par des architectes qui manquent vraiment d’envergure, d’imagination et qui cèdent au conditions du profit imposées par un petit nombre de promoteurs .
.
Un espoir persiste ; le 4 décembre 2015, Madame « Le » Maire a pris l’engagement que le lavoir de Chézy (pour lequel je me suis battu depuis plus de trois ans avec les Amis du Patrimoine Rennais), serait réhabilité par l’intermédiaire d’un projet expérimental mis en place avec la collaboration des étudiants de l’école d’architecture .
             le lavoir du côté Boulevard de Chézy
le lavoir du côté Boulevard de Chézy

Le lavoir en 2012

Le lavoir en 2012

lavoir en 2012 signalé explicitement
lavoir en 2012 signalé explicitement
Alors, je ne perds pas espoir pour cette nouvelle année et j’espère que notre combat aboutira à la préservation de l’histoire de ceux qui nous ont précédés, même si certains essayent de gommer cette réalité comme s’ils en avaient honte … !!!
Mon message sera donc un message d’espoir pour que nous puissions accepter notre passé tout en en percevant la richesse et la force progressiste .
.
J.M. MARTIN pour LPBSM
.
.
.
P.S. :   (*1) avec l’aimable et discret concours de Spartoo
          (*2) Avec l’aimable participation de DLJ

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La suite des projets pour Saint-Martin

Posté par LPBSM le 13 décembre 2015

Bonjour,

La Fabrique Citoyenne budget

Avec une annonce aussi alléchante, 992 projets ou plus précisément « idées de projets » ont fleuri sur le site du budget participatif de La Fabrique Citoyenne .

Seulement 23 sur le quartier Saint-Martin, ce qui va faciliter leur énumération .

http://fabriquecitoyenne.rennes.fr/project/budget-participatif-2016/collect/collecte-des-propositions-1

Avant d’être publiés, les projets avaient été, non pas sélectionnés mais, présentés au Comité de Quartier Saint-Martin qui a décidé de laisser à chacun(e) des intervenant(e)s la responsabilité de présenter son projet et de le défendre devant l’Agora Citoyenne du 26 février 2016 .

La Fabrique Citoyenne bandeau

 

La Fabrique Citoyenne bandeau

Dans cet article, nous n’aborderons que huit projets en éliminant ce qui concerne les pistes cyclables car la D.Q.N.O. (Direction due Quartier Nord-Ouest) nous a informé : « …qu’un plan vélo serait présenté au Conseil Municipal, sous peu, à la suite du travail réalisé par le Conseil « Mobilité » auquel participe les associations « Espace Piétons » et « Rayon d’Action »  … ce projet restant à formaliser . » en date du 4 novembre 2015 .

Les projets tournant sur le thème de l’eau avec les deux aménagements proposés sur le canal Saint-Martin seront traités dans un article à suivre .

Piscine deligny en 1913  08bis Piscine deligny en 1980  05 bis

Piscine Deligny à Paris en 1913 à gauche et en 1980 à droite – coulée le 8 juillet 1993  (*)

Même si certains articles vous semblent très critiques, voire même parfois trop virulents, sur l’action municipale, nous restons partenaires avec cette D.Q.N.O.  cherchant vraiment à faire évoluer les problèmes qui se posent dans la meilleure « entente » possible entre les différents points de vue .

Nous allons essayer d’examiner chaque proposition avec l’oeil critique du contribuable ; est exclu de cet examen le projet de la bibliothèque de rue, car on ne peut pas, démocratiquement parlant, être « juge et partie » .

La Fabrique Citoyenne bandeau

  • Projet n°1 celui « Des bancs, le long de la rue du Canal Saint-Martin par Mme M.T. SACHET »

Projet de M.T. SACHET  2015 01

Ce projet semble économique et ne pose pas de problèmes sur le plan juridique et cadastral puisque l’installation des bancs se trouve située sur le domaine public et pas en bordure du canal .

  • Projet n°2 : Création d’une maison de Santé par M. J.C. PAINCHAUD (*2).

C’est un projet ambitieux mais qui semble être dans l’air du temps et qui serait financé en grande partie par les particuliers (médecins, kinésithérapeutes, dentistes, etc …) Complément sur la maison de santé par JCP .  Les Conseils, régional et départemental, devraient en assurer le minima structurel pour le bien-être d’une population vieillissante sur ce quartier .

  • Projet n°3 :  « Réaménagement complet du square de Coëtlogon par Mme G. RANNEE »

plan squaare Coêtlogon 01bis  plan squaare Coêtlogon 02

Ce projet est très bien étudié, voire même un peu trop puisqu’il comporte 24 pages papier Square de Coetlogon1 ; diverses solutions sont proposées aux réalisateurs du futur projet (mais la générosité transparaît dans ces diverses propositions qui semblent particulièrement bien adaptées au terrain) .

plan aérien du sq. de Coêtlogon 01  plan aérien du sq. de Coêtlogon 02

Le problème du coût n’est malheureusement pas envisagé alors que le projet semble particulièrement convaincant .

  • Projet n°4 : « Aménagement d’un passage vélo entre le chemin de halage le long du canal Saint-Martin et le lycée MENDES FRANCE par Mme C. JESTIN ».

Ce projet est très représentatif d’une action qui singulièrement ne pose pas de problème majeur mais qui s’il devait être institutionnalisé poserait des problèmes de servitude, de redéfinition cadastrale et de diverses réactions des riverains qui y verraient une intrusion dans leur mode de vie et leur tranquillité chèrement acquise, de leur point de vue .

Plan Marie BERHAUT 05bis

Le désir est bon, mais l’impact légal qu’il risque d’engendrer est complètement occulté par la seule vision de sécurisation des cyclistes, privilégiée par le projet, au détriment des autres aspects .

Ce projet rentrant dans le « cadre » du plan vélo, est commenté ici par « favoritisme » que j’assume complètement, même s’il paraît critique, alors que nous aurions dû attendre la parution du projet municipal .

Nous avons eu, à contre coeur, de l’amertume en rédigeant ce commentaire car Catherine GESTIN était membre active « d’Hélecteurs à Saint-Martin » ; nous avons donc eu beaucoup de mal à ne pas lui accorder un « blanc seing » en vertu de tout le mal qu’elle s’est donnée de façon complètement bénévole pour remplir le rôle très ingrat mais rigoureusement effectué de trésorière de cette association dans une probité à toute épreuve .   Qui s’en souviendra dans l’avenir … ?    Personne !  Sauf si je l’inscris dans cet article qui pourra être exploité, sans droits de « machin », par d’éventuels successeurs des nouvelles générations avec lesquelles nous prenons régulièrement contact pour préserver l’avenir (voir projet n°6) .

  • Projet n°5 :  Voie cyclable rue de Saint-Malo par M. L. LE PROVOST

Ce projet rentrant dans le « cadre » du plan vélo, même s’il pourrait obtenir notre soutien, ne sera pas commenté en l’attente du projet municipal à cet égard .

 

  • Projet n°6 :  Histoire de re-construire une mémoire des prairies Saint-Martin dans la ville par F. DUPONT

IMGP0086  IMGP0087

Sur la gauche Frédéric DUPONT et sur la droite Pierre-Yves RACINE avec 2 élèves de l’école d’architecture Julie BOURIGAULT et Elise DANTZER .

Ce projet est complètement en affinité avec celui de la « Mémoire du Quartier Saint-Martin » qui devrait déboucher sur une exposition d’au moins 3 ans sur l’histoire de ce quartier façonné par les générations précédentes .

IMGP0082 IMGP0077

Ils ont imaginés un Puzzle géant représentant les vieilles cabanes des Prairies Saint-Martin .

  • Projet n°7 :  Favoriser la création d’un Théâtre de Verdure participatif dans les Prairies St Martin

Ce projet montre le désir d’ouverture des bâtiments de « La Plomberie » sur le canal Saint-Martin, située derrière l’Auberge de Jeunesse et jouxtant la maison de retraite « Saint-François »,  afin de devenir une entité reconnue et participative à l’animation festival du quartier Saint-Martin .  Il obtient donc notre soutien d’autant plus qu’il ne coûterait qu’une meilleure signalisation à la municipalité .

IMGP9842 La Plomberie 01  La Plomberie plan 01

  • Projet n°8  :  Boîte à livres Canal Saint-Martin 

C’est un projet qui réduit le nombre de livres disponibles mais qui ne demande pas beaucoup de surface, donc pas trop de soucis sur le plan du foncier .  Il permet de multiplier les points de rencontre sans gestion trop lourde par une association qui devra quand même venir jeter un coup d’oeil de temps en temps pour ne pas avoir de publications sectaires envahir ce qui devrait être et rester un point d’échange convivial .

boîte à livre à Toulouse 01 bis  boîte à livre à Toulouse 01 boîte à livre à Toulouse 02

 Toutes ces images ont été prises à Toulouse et publiées sur le blog : https://leslivresdesrues.wordpress.com/page/6/

Je pense qu’il est inutile de préciser que cette proposition a notre faveur malgré le côté restrictif des thèmes proposés que la structure impose .

Les commentaires sur les projets de l’aménagement du canal posant divers problèmes juridiques, nous avons encore besoin d’un peu de temps pour en vérifier la faisabilité .

.

.

J.M. MARTIN pour LPBSM

.

.

P.S. :    (*)  http://www.humanite.fr/node/59538

                             http://parisii.fr/2011/05/piscine-flottante/

                  (*2)   992 projets déposés au budget participatif.

                    521 projets seront soumis à l’avis des services de la ville.

                    422 projets ne relèvent pas des critères du budget participatif ou des compétences municipales.

                    50 projets environ ne rentrent pas clairement dans le budget participatif.

Parmi ceux qui ne sont pas retenus, certains feront l’objet d’une écoute particulière, leurs auteurs pourront être entendus par les services de la ville.

Voilà pour les chiffres principaux. D’autre part, le projet santé présenté par le conseil de quartier St Martin, est hors cadre et ne sera pas étudié, il ne rentre pas dans les compétences de la ville. La ville de Rennes s’engage à ce qu’au moins 1 projet par quartier soit retenu. Dont acte.

Reste maintenant à savoir ce qu’il restera de tous ces chiffres après les 5 étapes définies par le budget participatif.   2 autres projets santé connaîtront le même sort.

Bien cordialement. JCP.

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La quatrième « bibliothèque de rue » à Rennes

Posté par LPBSM le 17 novembre 2015

Bonjour,

 Pour une fois qu’on offre au citoyen de chaque quartier de donner son avis sur ce qui devrait améliorer son cadre de vie au lieu de le confier à des « prétendus experts », nous n’allons pas bouder cette proposition même si sa mise en oeuvre demanderait certainement quelques petits correctifs …

demande de déposition de projet 11-2015 présentation   demande de déposition de projet 11-2015

 

Puisqu’il n’est pas possible de déposer de façon électronique votre projet (oui, celui que vous avez passé vos week-ends à peaufiner) en « PDF » ou en « Word » sur le site mis à notre disposition par la ville, je vais profiter du « Blog du Petit Saint-Martin » pour vous faire part des projets retenus par la « commission urbanisme » du Conseil de Quartier de Saint-Martin .

.

 Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je vais, en premier, vous présenter le projet que je serais peut-être amené à défendre (surtout parce que pratiquement, je l’ai sous la main et qu’il est finalisé alors que ce n’est pas encore le cas pour d’autres projets) .

 .

.

Demande d’aménagement d’une « bibliothèque de rue »

(sur le modèle créé par la ville de Rennes au Ronceray), face à l’Espace-lecture Saint-Martin sur la placette devant l’entrée de la Maison Bleue qui ne possède pas d’abri en façade comme celui de Carrefour 18  (*1 voir infra)

 

 IMGP9855

 Bibliothèque de rue du Ronceray, située Place du Ronceray

IMGP9861

  • Le Projet

Cet équipement semble particulièrement bien proportionné pour l’espace dont dispose la Maison Bleue :

Copie de Maison Bleue 006 (2) + Bibliothèque de rue_redimensionner

Cette structure n’est pas conçue comme un substitutif à l’Espace-lecture mais comme un complément ; « l’Espace-lecture ayant pour mission de contribuer à élargir l’offre de la lecture publique sur Rennes afin de diversifier les propositions, les modes d’approche du livre et de la lecture »

(extrait de « Bibliothèques de Rennes » : http://www.bibliotheques.rennes.fr/fr/mediation/espace-lecture-saint-martin.html) .

Son principe repose donc sur le troc, valeur essentielle du concept même de la Bibliothèque de rue qui présuppose l’échange de ce qu’on a aimé pour en faire profiter d’autres .

 

Cette petite structure, comparée à celle du square du Dr. Fernand-Jacq dans le quartier Francisco-Ferrer (l’une des autres « bibliothèques de rue » de la ville de Rennes)  qui est gérée par « l’association Bel Air » et dont l’image figure ci-dessous, aurait l’avantage d’être moins coûteuse en dépense d’argent public que celle-ci :

Bibliothèque de rue 05 square Fernand Jacq

Bibliothèque de rue du Square du Dr. Ferdinand Jacq  (*2)

Proche de l’Espace-lecture Saint-Martin, elle pourrait être gérée directement par les bénévoles de l’Espace-lecture et n’aurait donc pas besoin de modules grillagés pour le stockage .

IMGP9856 bis

.

.

Déjà à l’intérieur de la Mason Bleue :

Une « zone de gratuité » de livres :  Les livres en liberté  

Une étagère est à disposition de tous, à côté du kiosque presse, aux horaires d’ouverture de la Maison Bleue. C’est un espace de liberté où chacun peut y déposer ses livres, en prendre de nouveaux, les garder ou les rapporter. Une « zone de gratuité » de livres pour partager!

A l'intérieur 01

A l'intérieur 01 bis

Mais l’accessibilité en est restreinte aux heures d’ouvertures :

La Maison Bleue  123 Boulevard de Verdun  35000 Rennes   Horaires d’ouverture au public :

  Les semaines d’activités lundi / 14h00-21h15 – mardi / 14h00-22h15 – mercredi 9h00-12h00 / 13h30-20h45 – jeudi 9h00-12h00 / 13h45-21h45 – vendredi 9h00-12h00 / 14h00-18h00

Les semaines hors activités :  lundi / 14h00-18h00 – mardi / 14h00-18h00 – mercredi 9h30-12h00 / 13h45-18h00 – jeudi 9h30-12h00 / 13h45-18h00 – vendredi 10h00-12h00 / 14h00-18h00   —

Samedi, dimanche, soirée selon le programme des manifestations et activités.

.

 Toute l’équipe de la Maison Bleue attend ce nouvel équipement avec impatience et assurera le premier fond de livres qui est déjà dans les cartons … en souffrance .

 

La Maison de quartier de Carrefour 18 possède déjà un système équivalent :

 IMGP9879

Ainsi qu’une étagère de rue protégée par un auvent :

IMGP9869

(*1)

IMGP9876

qui ne semble pas poser l’inconvénient d’un travail supplémentaire selon les bénévoles qui gèrent déjà l’Espace-lecture de Carrefour 18 .

  • Le chiffrage

novembre 2014  IMGP9925

Pose de la structure Place du Ronceray en novembre 2014

La structure avec quatre modules a coûté environ 24 000 euros d’argent public  mais est séparée d’environ 1km  de la Maison du Ronceray, ce qui justifie le besoin de caissons annexes …

En limitant le nombre de modules à deux vitrines pour équilibrer l’ensemble de la structure (ce qui représente environ 400 livres)  nous pourrions sérieusement envisager de réduire la facture à 12 000 euros (enquête de faisabilité comprise) .

  • Les dimensions

Nouveau module 6

IMGP9928

La hauteur des étagères est modulable car les supports sont montés sur des rails ; cependant la longueur de leur portée ne permettra pas de modifications spontanées .

  • Dimensions d’un ensemble de deux modules vitrines :

Copie deIMGP9927 01 (2)

IMGP9861

  • Toiture

La toiture  est composéee d’une plaque de verre préformée et prédécoupée à la mesure de deux modules ; elle repose sur une structure métalique de section 10×10 :

IMGP9862 01

Sur l’image ci-dessous, on voit bien la jonction des deux plaques pour couvrir quatre modules :

IMGP9929 03

Par la suite, ce premier essai, vers l’accès 24h/24 aux non-lecteurs, pourrait être décliné vers une seconde structure plus proche du canal Saint-Martin, plus près du nouveau quartier de « Plaisance » (avec ses 350 nouveaux logements prévus) et du terrain des gens du voyage, si une association se portait candidate à sa gestion .

Sans crainte de jugement ou même du regard des autres, pour les débutants, permettant de penser le partage de la découverte sans stigmatisation .

Cependant, il faudrait penser à l’accès handicapés en amont  pour éviter cela :

handicapé 01

En revanche à la Maison Bleue :

IMGP9912

Tout est déjà prévu .

  • Conclusion :
  1. Cet équipement semble attendu par les responsables de la maison de quartier y compris par des bénévoles de l’Espace-lecture Saint-Martin qui avaient déjà monté un projet de kiosque de rue en 2014 .
  2. La taille réduite de cet équipement semble bien adapté à la place et aux besoins du quartier .
  3. Nous pouvons chiffrer le projet sans commune mesure à ce qu’a réussi à obtenir Philippe GUICHOUX  dans le quartier Francisco-Ferrer (cité supra (*2)) .
  4. La Maison du Ronceray est prête à nous fournir les prototypes d’affiches et les tampons si le besoin s’en faisait sentir .
  5. A cette occasion, la directrice de l’Espace-lecture de Carrefour 18 est prête à venir partager son expérience et son point de vue avec l’équipe de la Maison Bleue et de l’Espace-lecture Saint-Martin .

.

.

J.M. MARTIN pour LPBSM

.

.

 

 

 P.S. : 

Cette bibliothèque, si le projet était élu par le quartier Saint-Martin, ne serait pas la 4ème mais la 5ème bibliothèque de rue à Rennes  ((il existe déjà 4 bibliothèques de rue à Rennes : Fernand Jacq, La Poterie (Place du Ronceray), Carrefour 18 et quartier Alphonse Guérin)) .

C’est grâce aux nombreux commentaires de Jean-Pierre LETONDU,  qui s’est occupé de la mise en place de la bibliothèque de la place du Ronceray, que nous pouvons vous transmettre cette erreur ; cependant la correction aurait demandé trop de vérifications de liens pour qu’elle puisse, sans dommage, être entreprise .

 

D’autre part, nous ne pouvons que nous féliciter du commentaire de Philippe GUICHOUX  Philippe GUICHOUX 3ème en partant de la gauche 01  qui partage une vision similaire à notre approche sur l’aspect thérapeutique que peut provoquer la lecture .

Publié dans Non classé | 3 Commentaires »

La haine de la vie

Posté par LPBSM le 16 novembre 2015

2 bis     Bonjour,

 

Je n’ai pas souhaité réagir à chaud à une actualité qui frappe plus certains d’entre nous que d’autres ; je pense ici tout spécialement au père d’Aurélie de PERETTI (* 2 – assassinée au « Bataclan ») qui ne verra plus l’une de ses filles aimées, choyées et dont la vie a été brutalement supprimée .   Comment de simples mots pourraient-ils remplacer cette absence, ce vide d’existence ?

Bataclan - extérieur  Salle du Bataclan 02

Le Bataclan, entre Bastille et République, à Paris (*)

Ce père « aimant », ne peut pas comprendre pourquoi d’autres êtres humains ont pu en arriver à interrompre un bonheur pour lequel il avait patiemment et quotidiennement lutter pendant des années sauf si je lui propose une lecture biographique d’un livre que je n’ai pas écrit mais qui pourra, peut-être, lui fournir le début de l’explication du comment certains êtres humains peuvent se faire manipuler par d’autres au point de croire qu’ils vont « faire quelque chose de leur vie » en mourant … !  Il lui permettra peut-être d’accéder à une réalité insoupçonnée grâce à une histoire de garçon dont la haine de ses parents lui a servi de « tuteur » .

Tim GUENARD 01   Tim GUENARD 02

Bien sûr, le prosélytisme des derniers chapitres irriteront plus d’un laïque mais il ne faut pas sous-estimer que cet « enfant » est toujours en manque de son « bon » père, même au stade adulte .

Certains d’entre vous savent que j’essaye d’entretenir un petit blog historique sur l’histoire d’un quartier rennais ; j’en suis actuellement au XIIIème siècle mais le « Vieux de la montagne » avec ses « hashichins » n’en exploitait pas pour autant avec les mêmes méthodes les faiblesses de l’esprit humain pour établir son pouvoir sur des royaumes mille fois plus puissants que lui à peu près à la même époque (Saint-Louis l’aurait connu : http://www.inter-zone.org/joinville.html   ou  http://expositions.bnf.fr/marine/grand/fr_2810_017.htm ) .

Stade de France - tvsport

Afin de réduire l’angoisse propagée dans certains médias, je vais ici affirmer que le projet d’amateurs, « soit-disant » entraînés dans des camps syriens, a lamentablement échoué grâce à  l’efficacité des stadiers et des forces de police en présence au stade de France .  Il ne faudrait quand même pas minimiser leur superbe travail !

Stade de France - le point

En attaquant les deux principaux représentants de l’Europe au stade de France, on peut comprendre que le retentissement international aurait comblé de joie les dignitaires de DAESH qui évitent de mettre en jeu leurs précieuses vies … .

 Mais pourquoi s’en prendre au « Bataclan » ?

Une première réponse provient de :

Bataclan 2008 01  Bataclan 2008 02

http://www.lesinrocks.com/2015/11/14/actualite/pourquoi-la-salle-du-bataclan-etait-une-cible-pour-les-terroristes-11787941/

Bataclan 2008 03  Bataclan 2008 04

 

 Mais c’était également un groupe de californiens, donc d’américains, qui était visé et qui jouait ce soir là ;  le but à atteindre étant de se venger de la destruction d’un des leaders de « DAESH » par un drone américain .

 actualité BFM sur daesh bis

Voilà ce qui peut donner un sens de possible explication à ce qui peut vous paraître inexplicable au premier abord .

Pour ma part, je regrette qu’aucun journaliste n’ait évoqué l’intervention des vigiles non-armés et qui ont certainement été les premiers à être assassinés par des « libres loups dans une libre bergerie » – pardon, « par des cas-libres loups …« 

Bataclan 15 novembre 2015

l’humour, même s’il est grinçant, ne doit pas ne plus avoir droit de cité pour satisfaire leurs valeurs et non les nôtres ; par comble d’ironie, le « Bataclan » est situé Boulevard Voltaire :

C1

Je vais conclure un peu rapidement pour vous dire qu’il faut que ceux qui ont refusés les dictats des rois, des empereurs ou des tyrans, puissent rendre leurs symboles et leur drapeau vivant !

Franced

J.M. MARTIN pour LPBSM

.

.

P.S. :  

(*)  http://www.bataclan.fr/bataclan.php

.

Pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas encore pu obtenir l’identification de « disparu(e)s », il y a encore un petit espoir en téléphonant au :

01 40 27 40 27   qui correspond aux urgences des hôpitaux de Paris

(si la personne hospitalisée n’a pas de papiers sur elle, il se pourrait qu’elle n’ait pas été inscrite sur les registres d’entrées)

ou au

01 44 75 47 00

2 Place Mazas, 75012 Paris

qui est le numéro de l’Institut Médico Légal de PARIS (qui peut rencontrer les mêmes soucis) .

Je m’associe de tout coeur à la douleur impartageable qu’éprouveront ceux qui obtiendront une réponse positive à ce dernier numéro .

.

(*2) J’ai longtemps hésité à relayer cette information, mais j’ai fini par juger qu’il serait indécent pour la mémoire des victimes que l’un des participants à cette boucherie puisse s’en « tirer » sans dommage .

http://www.leparisien.fr/faits-divers/aurelie-33-ans-attendait-le-concert-du-bataclan-depuis-des-mois-15-11-2015-5279085.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr

police

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Cadet-ROUSSEL était-il rennais ? n°2

Posté par LPBSM le 28 juillet 2015

Bonjour,

Je suis persuadé que certains attendaient la suite ; hé, bien la voilà :  Cadet Roussel  1743 - 1807 né à Orgelet dans le Jura mort à AuxerreFontaine sur la place d’Orgelet

La célébrité de la chanson dépassa de beaucoup l’immodeste huissier dont on avait voulu se moquer .  Par la suite, on fit de nombreuses pièces de théâtre où l’on imagina Cadet ROUSSEL dans toutes les situations possibles : Cadet ROUSSEL misanthrope et Manon repentante, Cadet ROUSSEL aux champs Élysée, Cadet ROUSSEL au jardin turc, la Mort de Cadet ROUSSEL, la Résurrection de Cadet ROUSSEL, Cadet ROUSSEL entrepreneur de spectacles, Cadet ROUSSEL Hector, Cadet ROUSSEL esturgeon, Cadet ROUSSEL chez Achmet, Cadet ROUSSEL à Meaux en Brie, Cadet ROUSSEL dans l’île des Amazones, etc … .

Toutes ces pièces attestent le succès d’un genre imposant la figure du niais qui n’avait  que peu de chose à voir avec l’authentique Cadet ROUSSEL .  

Ci-dessous assiettes et plat à son effigie :

assiette cadet Roussel 03  assiette cadet Roussel 02

 

assiette cadet Roussel 01  image d'Epinal 04

.

Cet engouement se poursuivit jusqu’aux premières années de la « Restauration » (1814-1830) .

 

Références :

 

  • (*1)  Il semblerait cependant que Gaspard de CHENU ne se soit pas directement inspiré de la publication du Sieur de BELLONE (1612) mais d’une adaptation de la « chanson de Jean de Nivelle » modifiée fin  XVIIIème siècle  :

Cadet ROUSSEL a trois grands yeux, (bis)

L’un gâde (*2) à Caen l’autre à Bayeux. (bis)

Comme il n’a pas la vue bien nette,

Le troisième, c’est sa lorgnette ! (*3)

  • (*2) Regarde en patois normand
  • (*3)  La lorgnette n’est inventée qu’au XVIII ème siècle ; au XIIIème siècle c’est un moine anglais qui inventera les Bésicles cloutées, Roger BACON, et devra passer par la prison de 1277 à 1279 ; elles sont lourdes et ne permettent que de corriger la myopie

 Bésicles clouantes 01

et surtout pas la presbytie ; la lorgnette avec son manche détachable est donc encore une « originalité » à la fin XVIII ème  siècle .

lorgnette 01

 

La farce des « Deux savetiers » du XVème siècle, dont certains voudraient faire provenir le plagiat de Gaspard de CHENU, met en scène trois personnages :

  • le riche, c’est un savetier
  • le pauvre, c’est aussi un savetier, nommé Drouet, il est d’humeur joyeuse et  chante la chanson de Jean de Nivelle dès le commencement de la farce

Les deux Savetiers première scène 01

Hay avant Jehan de Nivelle

Jehan de Nivelle a deux housseaux, (guêtres),

Le roy n’en a pas de si beaux

Mais il n’y a point de semelle,

Hay avant Jehan de Nivelle

  • le juge, c’est le prévôt de la ville qui va faire office de juge .

 

Farce des deux savetiers gravure de l'époque 02 Farce des deux savetiers gravure de l'époque 01 Farce des deux savetiers le pauvre 02

Gravure de l’époque, sur la première et seconde image – « Drouet »*, le pauvre savetier sur la troisième image

 

Donc ceux qui cherchent à dire que cela provient de cette farce, ne l’ont tout simplement pas lue .

 

Il est cependant à noter que l’on ne parle pas de la ville d’Auxerre dans la version de Gaspard de CHENU  … mais bien de deux villes normandes dans un couplet tardif .

 

Etrange … non ?

 

Non, car le plagiat n’était pas reconnu comme un vol à l’époque de Gaspard de CHENU  qui semble bien avoir recopié un passage d’une version dérivée de la chanson de « Jean de Nivelle », mais datant du XVIII ème siècle et non pas du XV ème siècle, dont il n’aurait eu qu’à changer le nom en « Cadet ROUSSEL » .  Cependant cette version n’est pas à ce jour connue (sauf de lui) mais il n’est plus là pour nous renseigner ; il n’allait quand même pas non plus faire étalage de son plagiat  .

Jean de la Fontaine, qui plagiait volontiers Esope sans vergogne, utilisera aussi le personnage du savetier dans sa célèbre fable : Le Savetier et le Financier, qui présente d’ailleurs certains traits communs avec la Farce des deux savetiers .

Nicolas BOILEAU (1636 – 1711), mécène de Philippe DESTOUCHES, incorporera dans « l’Art poétique » une réplique de la pièce « Le Glorieux »,   II, 5, de DESTOUCHES : « la critique est aisée, mais l’art est difficile »  (Histoire, Livre XII, C XI, 25c, 5) que DESTOUCHES avait lui même recopié de POLYBE (auteur grec vers 208 av. J.C. – 126 av. J.C.) .   P. DESTOUCHES en sera fortement honoré . 

Autre temps autres moeurs .

La version de 1612 éditée, sous Louis XIII, par le Sieur de BELLONE dans : le tome 1 de Chansons folastres et prologues, tant superlifiques que drolatiques des comediens françois est publiée ci-dessous en P.S.:

  • (*4) :  De nos jours le parapluie ne semble pas être un objet excentrique .  Mais quand Sir Jonas HANWAY (1712 – 1786), grand voyageur britannique, ayant redécouvert le parapluie en Perse, tout en souhaitant en faire l’importation, et alors qu’il se promenait dans les rues de Londres pour la première fois avec son « objet », en 1750, les passants le prirent pour un fou .

Jonas Hanway et son parapluie 01

Sir John Mac Donald raconte dans ses Mémoires qu’en 1778 encore il n’osait pas se servir d’un magnifique parapluie rapporté d’Espagne de peur d’être injurié par les cochers, qui voyaient dans cet objet un sérieux concurrent pour leur industrie (les londoniens se précipitant dans un cab quand la pluie arrivait) .

En France, l’objet était déjà connu comme une « nouveauté » à Paris dès 1622 .  Cependant, cet accessoire était considéré comme typiquement féminin . 

1675 Omberelle et chapeau et canne

Gravure de 1675 d’après un tableau de BONNART

Pour que cet objet soit rentable sur le plan industriel, il fallut que la cavalerie anglaise en soit pourvue afin que l’homme de la rue l’adoptât .  En mi juin 1815, à Waterloo, il n’arrêta pas de pleuvoir pendant presque une semaine .

Le général Thomas Picton (1758 – † 18 juin 1815), surnommé le «combattant en jaquette», d’origine galloise, conduisit, dit-on, ses unités anglaises au feu, armé de son parapluie et coiffé d’un haut de forme (la malle contenant son uniforme s’étant égarée) .  Blessé la veille au lieu dit la ferme des Quatre-Bras, il mourut à la tête de ses troupes à cet endroit .

La cavalerie anglaise était relativement au sec avec ses milliers de parapluies et d’autre part la poudre des fusils restait sèche, tandis que celle de l’adversaire était mouillée par la pluie et donc souvent inutilisable .

Les dragons français ainsi que les grenadiers, en étant dépourvus, étaient trempés .

cavalerie Fraançaise à Waterloo

Pourtant dès 1710, l’ingénieux parisien Jean Marius, de la corporation des boursiers français, avait proposé un «parapluie pliant» à armature métallique, pesant cinq onces (moins de 160 g) et mesurant six pouces (moins de 23 cm), au lieu des 2 kilogrammes et un mètre vingt des parapluies traditionnels, mais cette invention ne semble pas avoir eu tout le succès espéré .

Venus du Massif Central, M. et Mme Antoine arrivèrent à Paris en 1745 et s’installèrent d’abord au Pont-Neuf .  Ils ouvrirent deux boutiques, à chaque extrémité du pont .  A l’époque la vente des parapluies était réservée aux gentilshommes ayant des porteurs .  M. et Mme Antoine eurent donc l’idée, et obtinrent le privilège, de louer des parapluies aux tout venant, pour la traversée du pont ;  les parapluies seront rendus au bureau de l’autre côté, moyennant deux liards par personne (monnaie de cuivre ; les « pièces jaunes » de l’époque) .

Ni la bourgeoisie, ni la petite noblesse ne souhaitait porter un parapluie car, ne voulant pas se confondre avec le « commun » elles aimaient mieux courir le risque de se faire mouiller plutôt que d’être regardés comme des gens qui n’avaient pas les moyens de se payer une domesticité . 

boutique sur le Pont Neuf en 1667

Le Pont-Neuf offraient des attractions permanentes : boutiques en plein vent, bateleurs, camelots et chansonniers .  Il faisait bon s’y promener, le tout Paris s’y pressait : Montesquieu, Rousseau, Voltaire, etc … .

 

 Le parapluie de 1770 était lui constitué « d’un manche en deux pièces réunies par une vis, dont les branches se repliaient au moyen de brisures » .

Mais bien vite, apparut un conflit dans les corporations entre les tourneurs qui fabriquaient les manches et les boursiers qui assemblaient et vendaient les instruments, puis les boisseliers (ouvriers du bois travaillant à la confection du manche) et les boursiers voulant chacun s’attribuer le droit de créer et de vendre les parapluies .

Parapluie ancien et ciseaux du 19ème siècle  02

Finalement le Parlement décréta en septembre 1773 que les boisseliers devraient se contenter de fournir aux boursiers le manche des « parapluies-parasols » .

Puis en 1776, les boursiers furent réunis aux ceinturiers et aux gantiers avec des statuts où ils avaient «aussi le droit de fabriquer et faire toutes sortes de parapluies et parasols et de les garnir…»

 

A la Révolution, le parapluie devient populaire ; en 1792, il devient un accessoire de mode comme le bicorne Bicorne de Muscardin 04 ou le tricorne Tricorne 02 . 

Pour un sans-culotte, pas besoin d’afficher de la domesticité, bien au contraire . 

Duel sous parapluie en 1830 - Sainte Beuce contre Dubois

En 1830 le parapluie est adopté ; ici un duel sous la pluie ; on préfère se tuer mais au sec .  Il faut préciser qu’il s’agit ici d’un duel au pistolet, entre Sainte-Beuve (1804-1869) et J.F.Dubois (Rennais 1793-1874), et qu’il faut bien protéger la poudre de la pluie .  Sur l’image ci-dessous, fin XIX ème, l’ombrelle est encore très présente .

FIN XIX ème siècle l'ombrelle est toujours considérée comme féminine .

Ecrit à RENNES le 14 juillet 2015 par J.M. MARTIN pour LPBSM

.

.

P.S. :

Voici le texte original de Jean de Nivelle publié en 1612 dans le tome 1 de Chansons folastres et prologues, tant superlifiques que drolatiques des comediens françois. Cette chanson est également reprise dans le Recueil des plus belles chansons des comédiens français de Jacques Mangeant publié à Caen en 1626. Vous pouvez écouter un extrait chanté sur l’air original (www.medietrad.com).

1. Jean de Nivelle a trois enfants
Dont il y en a deux marchands
L’autre escure la vaisselle

2. Jean de Nivelle a trois chevaux
Deux sont toujours par monts et vaux
Et l’autre n’a pas de selle

3. Jean de Nivelle a trois beaux chiens
Il y en a deux vauriens
L’autre fuit quand on l’appelle

« C’est ce chien de Jean de Nivelle » (couplet de la version originale de 1465)

4. Jean de Nivelle a trois gros chats
L’un prend souris, et l’autre rats
L’autre mange la chandelle

5. Jean de Nivelle a un valet
S’il n’est ni beau, il n’est pas laid
Il accoste une pucelle

Hay avant, Jean de Nivelle
Hay ! Hay ! Hay avant
Jean de Nivelle est triomphant

Plus tard s’ajouteront de nouveaux couplets:

Jean de Nivelle est un héros (bis)
Qui n’a ni maîtres, ni rivaux (bis)
Pour le combattre dans les ruelles
Connaissez-vous Jean de Nivelle?
Ah! Ah! Ah! Oui, vraiment
Jean de Nivelle est bon enfant !

Jean de Nivelle a trois enfants (bis)
L’un est sans nez, l’autre sans dents (bis)
Et le troisième est sans cervelle
C’est bien dur pour Jean de Nivelle
Ah! Ah! Ah! Oui, vraiment
Jean de Nivelle est bon enfant !

Jean de Nivelle a trois châteaux (bis)
Trois palefrois et trois manteaux (bis)
Et puis trois lames de flamberges
Qu’il laisse parfois à l’auberge
Ah! Ah! Ah! Oui, vraiment
Jean de Nivelle est bon enfant !

Jean de Nivelle a marié (bis)
Ses trois filleules dans trois quartiers
Les deux premières ne sont pas belles
La troisième n’a pas de cervelle!
Ah! Ah! Ah! Oui, vraiment
Jean de Nivelle est bon enfant !

Jean de Nivelle a trois beaux chiens (bis)
Mais y en a deux qui n’valent rien (bis)
Le troisième s’enfuit quand on l’appelle
Mais il récure la vaisselle
Ah! Ah! Ah! oui, vraiment
Jean de Nivelle est bon enfant !

Jean de Nivelle était devenu en France, à cause du refus qu’il fit de répondre à l’appel de son roi en tant que vassal, un objet de haine et de mépris surtout après le siège de Paris que Charles Le Téméraire souhaitait affamer ; le peuple lui donna le surnom injurieux de « chien », d’où le proverbe « Il ressemble au chien de Nivelle qui s’enfuit quand on l’appelle » .

De nombreuses chansons populaires ont été composées sur Jean de Nivelle pour moquer son comportement,  après 1465, refusant de combattre le Bourguignon .

 

Gaspard de ChenuCadet Rousselle

1792

Cadet Rousselle a trois maisons, (bis)
Qui n’ont ni poutres, ni chevrons, (bis)
C’est pour loger les hirondelles,
Que direz-vous d’Cadet Rousselle ?
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois habits, (bis)
Deux jaunes, l’autre en papier gris, (bis)
Il met celui-ci quand il gèle,
Ou quand il pleut, ou quand il grêle…
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a une épée, (bis)
Très longue, mais toute rouillée, (bis)
On dit qu’ell’ ne cherche querelle
Qu’aux moineaux et qu’aux hirondelles.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois souliers, (bis)
Il en met deux dans ses deux pieds ; (bis)
Le troisième n’a pas de semelle,
Il s’en sert pour chausser sa belle…
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois cheveux, (bis)
Deux pour la face, un pour la queue, (bis)
Et quand il va voir sa maîtresse,
Il les met tous les trois en tresse.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois gros chiens, (bis)
L’un court au lièvre, l’autre au lapin ; (bis)
Le troisième fuit quand on l’appelle,
Tout comme le chien d’Jean de Nivelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois beaux chats, (bis)
Qui n’attrapent jamais les rats ; (bis)
Le troisième n’a pas de prunelle,
Il monte au grenier sans chandelle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a trois deniers, (bis)
C’est pour payer ses créanciers ; (bis)
Quand il a montré ses ressources,
Il les resserre dans sa bourse.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle s’est fait acteur, (bis)
Comme Chénier s’est fait auteur, (bis)
Au café quand il joue son rôle,
Les aveugles le trouvent drôle
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle ne mourra pas, (bis)
Car, avant de sauter le pas, (bis)
On dit qu’il apprend l’orthographe
Pour fair’ lui-mêm’ son épitaphe.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

 

Certains arguent que : « Cadet ROUSSEL est bon enfant »  n’est pas d’une grande critique .   Bien au contraire, c’est d’un cynisme rare ; car cette antiphrase marque à l’évidence le contraire de ce qui est entendu et l’intention manifeste de provoquer de l’ironie dans une phrase qui exprime tout le contraire de ce qu’elle dit ou semble vouloir dire .

 Cependant :

Cadet Rousselle a trois garçons, (bis)
L’un est voleur, l’autre est fripon, (bis)

Le troisième est un peu ficelle
II ressemble à Cadet Rousselle.
Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,
Cadet Rousselle est bon enfant !

Cadet Rousselle a marié (bis)
Ses trois filles dans trois quartiers ; (bis)
Les deux premières sont moins que belles,
La troisième n’a pas de cervelle.

Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,

Cadet Rousselle est bon enfant !

Ces deux couplets n’ont pas pu être écrits par Gaspard de CHENU, car auxerrois comme Cadet ROUSSEL, il savait très bien que ce dernier n’avait pas d’enfant .

Mais ces couplets ont dû être ajoutés pour varier le chant de marche .

Le terme de « chien » sera repris dans des versions plus tardives mais dans le sens de l’animal de compagnie .

C’est le 28 juillet 1794 (le 9 thermidor de l’an II), après l’annonce de la mort de ROBESPIERRRE sur l’échafaud, qu’on vit reparaître les carrosses ; il y eut de nouveau des maîtres et des domestiques . Depuis que « la Terreur » était terminée ainsi que la suppression des « Comités de surveillance » (dont Cadet ROUSSEL faisait partie) et surtout que l’on avait démonté la guillotine, la jouissance est à l’ordre du jour . Ne faut-il pas rattraper le temps perdu ? Les magasins se signalèrent par leur soudaine abondance de produits divers à l’étalage (surtout après la suppression de la « loi du Maximum » votée par la Convention et annulée par le Directoire) .

Les Incroyables et Merveilleuses  Les Incroyables 10

« Incroyable et Merveilleuse » après la réaction thermidorienne de 1794

Même si cette libéralisation des moeurs fut d’abord très parisienne, on comprends aisément qu’en 1792, lorsque Gaspard de CHENU écrivit sa libelle, il ignorait quand s’arrêterait la vie de ROBESPIERRE ; il avait subi le dictat de la « Convention » et il ne pouvait pas écrire des couplets qui seront très en vogue après juillet 1794 et encore moins imaginer l’affichage vestimentaire débridé des « Incroyables » .

Bicorne des Incroyables 01

Cadet Rousselle a trois chapeaux, (bis)

Les deux ronds ne sont pas très beaux… (bis)

Et le troisième est à deux cornes,

De sa tête, il a pris la forme…

Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,

Cadet Rousselle est bon enfant !

 

lorgnette 02

 

Cadet Rousselle a trois beaux yeux, (bis)

L’un r’garde à Caen, l’autre à Bayeux, (bis)

Comme il n’a pas la vu’ bien nette,

Le troisième, c’est sa lorgnette.

Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment,

Cadet Rousselle est bon enfant !

 image d'Epinal 05


Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Cadet-ROUSSEL était-il rennais ? n°1

Posté par LPBSM le 27 juillet 2015

Bonjour,

 La période estivale est une période où l’on peut se « plonger » dans un passé récent mais qu’on néglige parfois, ou qu’on ignore tout simplement, sans se sentir « submerger » .

Ici, on « aborde » un passé, ou l’on se « replonge » dans un passé, de moins de cent ans sur Rennes,  Révolutionnaire dans sa vérité .

.

Cadet ROUSSEL était-il vraiment rennais ?   Oui, il y a bien eu un ROUSSELLE à Rennes qui louait son « Château branlant », appelé également « Maison de Cadet-Roussel » par les gens du quartier Saint-Martin, à des lavandières ; mais la chanson était tellement populaire que l’association se fit facilement .

Le Chateaud Branland ou de Cadet Roussel  quater_redimensionner

Au bout de l’ancien pont Saint-Martin, à trois arches en pierre, cette bâtisse du XVème siècle résistait encore en 1900 .  Elle s’écroula en août 1936 .

Maison de Cadet Rousselle peinte par Jules NOEL vers 1860

Peinture à l’huile du peintre Jules NOEL de 1860 au musée des Beaux Arts de Rennes

.

Le vrai Cadet ROUSSEL (1743-1807)  a vraiment existé  au temps de la fin du règne de Louis XIV puis de la révolution française,  sous le nom de Guillaume Joseph ROUSSEL né à Orgelet, dans le Jura, et qui s’établira à Auxerre en 1763 après le décès de son père mort à l’âge de 48 ans  (le 18 avril 1762) .

Cadet, car il avait un frère ainé, Claude-Antoine ROUSSEL ; né deux ans avant lui (en 1741), il était donc le cadet du cavalier de dragon volontaire dans la Légion de Soubise en garnison à Tournon dans le Vivarais .

A Auxerre, Il se plaça d’abord comme domestique, puis laquais dans quelques bonnes maisons de la ville . 

Mais, opportuniste, il comprit très vite qu’il lui était possible de se faire une place plus enviable et surtout plus gratifiante .

Il acheta donc assez rapidement une place de Clerc d’huissier, ce qui lui permit de se familiariser avec le droit, d’apprendre le métier et de faire quelques rencontres qu’il utilisera à son profit .

Peu auparavant, il avait épousé une demoiselle Jeanne SERPILLON d’assez bonne famille, qui lui avait apporté une dot confortable ; il faut ajouter que la demoiselle avait seize ans de plus que son époux .   Cela posera des problèmes plus tard car elle mourut avant lui, le 14 janvier 1803  .

Le mariage ayant été sans descendance, Cadet ROUSSEL se verra obligé de rendre la dot à l’héritière de son épouse .  Il montra toute l’affection qu’il avait pour sa dot et sa belle-famille en se remariant en secondes noces avec la nièce de son épouse, Reine BARON, qui en était l’héritière, le 20 Avril 1803 (soit trois mois après le décès de son épouse) .  Cadet ROUSSEL avait alors soixante ans et sa jeune et nouvelle épouse trente-sept .  Ils passeront moins de quatre ans ensemble .

C’est sans doute grâce à son parrain et à son oncle, tous deux huissiers au Bailliage d’Orgelet qu’il doit d’avoir reçu quelques notions permettant de faire illusion quant à ses capacités d’exercer la charge de  Premier  Huissier .  Il fut assez astucieux pour imaginer comment y parvenir et assez finaud pour arriver à ses fins en épousant une dot .   Il obtint ses lettres de provision, car on le reconnaissait  « pour un très honnête homme, de bonne vie, mœurs et conversation, fidèle et affectionné au service du Roi » .

Il put donc acheter, le 15 mars 1780, la charge de Premier huissier audiencier au bailliage présidial d’Auxerre et y est reçu dans ses fonctions ; charge assez considérable, puisqu’elle lui laissait un revenu de deux mille livres par an .

Installé dans la « Basoche » (La Basoche : était le nom de la cour de justice du Roi au XV ème siècle) .  il commença, à partir de 1789,  à multiplier ses excentricités .  Car, tout en étant devenu Maître Guillaume ROUSSEL, il n’en était pas moins un fêtard et un noceur bien que membre du Comité de Salut Public .

Retournant sa veste à plusieurs reprises dans les années troubles de la Révolution ; adulé lorsqu’il organisait, avec un certain brio, des festivités en l’honneur de la déesse Raison  [ [Cadet ROUSSEL participe le 30 décembre 1793 à la fête de la déesse Raison, dans la cathédrale d’Auxerre : …« Sur un autre char, l’Huissier ordonnateur de la fête [Cadet Roussel]… vêtu d’un nankin couleur de chair, le dos orné de deux grandes ailes bleues en carton, et laissant descendre de son menton une longue barbe blanche en filasse. Il représentait le temps […] Il tenait à la main une faulx, mais il la tenait renversée pour montrer comme quoi la République était éternelle. « ] ]

Extrait de : http://huissier.justice.perso.neuf.fr/cadet.html

 

Il fut jeté, sans ménagement, en prison lorsque la dictature de ROBESPIERRE prit fin .  Ce verbeux impénitent, infatué de sa personne, aimant les bons mots et les grands discours, ne pouvait qu’attirer sur lui que beaucoup d’acrimonies .

Jovial et excentrique selon certains, roublard et franc lèche-bottes selon d’autres .

Et c’est ainsi qu’en 1792, parodiant la chanson populaire de Jean de Nivelle (*1), chanson composée après 1465 sur la demande de Louis XI qui souhaitait se venger de la défection de Jean III de Nivelle (ou Jean Ier de Montmorency – Nevel)  dans son armée pour combatte Charles le Téméraire (comte de Charolais) et des princes ligueurs coalisés en 1465 dans la « Ligue  du Bien public »,  qui avait tant amusé les français au XV ème siècle,  Gaspard de CHENU en fit une parodie adaptée à son époque .  Le Sieur de BELLONE, dans « Chansons folastres et prologues tant superlifiques que drolastiques des comédiens françois » revus et augmentés, ne publiera qu’en 1612 une version très édulcorée des libelles populaires composées sur Jean de Nivelle pour se moquer de son comportement et surtout du siège de Paris .   Mais nous sommes sous Louis XIII (1610-1643) et le siège de Paris de 1465 est oublié .   Seul compte le mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche en 1612 .

 

Cette nouvelle version a donc été remise à la mode par un nobliau resté fidèle au Roi après 1789, à savoir le chevalier  Gaspard de CHENU, seigneur du Souchet et en partie de Prunier, chansonnier à ses heures, auteur de quelques spirituelles satires contre les nouvelles modes et les nouveaux puissants (entendre par là « les révolutionnaires » ou « les sans-culottes ») .

Ce pamphlet a eu, à sa grande surprise, un succès retentissant dans toute la ville d’Auxerre .

Alexandre-Charles-Gaspard de CHENU (1717-1795) fut l’un des signataires, le 24 juillet 1790, de la très fameuse « Protestation des gentilshommes de Puisaye » contre le décret sur la suppression de la noblesse héréditaire et des titres honorifiques par l’Assemblée Constituante le 19 juin 1790 (complétant ainsi l’œuvre qu’elle avait commencée dans celle du 4 août 1789)  .

19 juin1790 suppression de la noblesse héréditaire et des titres honorifiques

Estampe de l’époque représentant la décision de l’Assemblée constituante  du 19 juin 1790  et ce qui s’en suivit

Depuis le début de la révolution, Gaspard de CHENU exerçait sa plume acide au détriment des hommes ralliés au nouveau pouvoir de la « Convention » .

Cadet ROUSSEL n’y échappa pas .

Car Cadet ROUSSEL siégeait à la Société des amis de la République, au Comité révolutionnaire et était devenu membre de la « Société populaire d’Auxerre » où il faisait montre d’un zèle très ostensible .  En septembre 1793, il fut même inquiété pour avoir commis quelques excès au cours d’une visite domiciliaire du comité de surveillance (il avait organisé une orgie chez quelqu’un qu’il venait de faire arrêter) .  

Il sera alors destitué du Comité de surveillance, puis déféré devant le tribunal criminel d’Auxerre, dont il était l’Huissier .  Il sera temporairement suspendu de ses fonctions .  Mais comme c’est  un  ami de Nicolas MAURE (*), lui-même ami de ROBESPIERRE, on ne l’inquiètera pas plus (voir ci-dessous) .

 Portrait de Nicolas MAURE

(*) « Nicolas MAURE » (1743-1795), est un « puissant » conventionnel représentant de l’Yonne, ex-marchand épicier à Auxerre, et également célèbre par ses excentricités révolutionnaires (il organisa la « Fête de la Terreur » en mai 1795, avec quelques guillotines à l’appui et se crut appelé à un grand destin parce qu’un jour MARAT l’avait appelé: « mon fils », en se  proclamant publiquement et imprudemment le favori de ROBESPIERRE) .

Il se suicida le 3 juin 1795  d’un coup de pistolet, à Paris, sachant le sort qui  l’attendait  après la mort de ROBESPIERRE et l’épuration qui s’en suivit  .

 

Cadet ROUSSEL  va enfin connaître la vraie prison, le 9 septembre 1795 .  Il est prévenu « d’arrestations arbitraires et de faux dans l’exercice de ses anciennes fonctions » au sein du Comité révolutionnaire d’Auxerre .

Son incarcération fut de courte durée et il figurera au nombre des amnistiés par la loi du 11 octobre 1795  (l’amnistie de vendémiaire an IV : http://chs.revues.org/458) .

Il se contenta par la suite d’exercer son ministère d’huissier, sans plus jamais se faire remarquer, pendant le Directoire, le Consulat et l’Empire (il fut inhumé  le 27 janvier 1807) .

La chanson n’avait d’autre but que  de ridiculiser l’ancien huissier à la Cour royale qui s’était transformé en un ardent Révolutionnaire .

 

En 1781, Cadet ROUSSEL s’était porté acquéreur d’une petite maison à Auxerre située place du Prétoire (actuelle place du Maréchal Leclerc),  souhaitant agrandir sa demeure ; il obtint de la municipalité le droit de construire une loggia de deux pièces au-dessus de l’arc qui reliait l’horloge à cette place .

Guillaume Joseph ROUSSEL possédait ainsi deux maisons (la chanson va lui en attribuer trois) .  

Puis, la Révolution Française éclata et grâce à l’un de ses farouches opposants (Gaspard de CHENU), l’imagerie populaire de Cadet ROUSSEL avec son bicorne ou son tricorne, sa lorgnette et son parapluie (*4) va naître et en faire une image d’Epinal (ce qui est un « comble » lorsqu’on habite  Auxerre !)  …

 image d'Epinal 02 Illustration de Cadet Rousselle (Pellerin, 1863)  image d'Epinal 03

 Ce sont les volontaires auxerrois rejoignant l’armée du Nord, pour lutter contre les armées européennes royales coalisées et opposées à la « Révolution », en 1792, qui en firent une chanson de marche adoptée par presque toute l’armée du Nord .

Son très grand succès ne pourra cependant pas rivaliser avec le chant de marche de l’armée du Rhin (« La Marseillaise » importée par les volontaires marseillais) qui deviendra l’hymne national .

A suivre …

J.M. MARTIN pour LPBSM

P.S.:  C’est surtout le modèle républicain qui était craint par les royaumes étrangers parce qu’ils avaient peur que cela fasse tache d’huile dans les divers royaumes européens .

1ère République :

le 21 septembre 1792 avec l’abolition de la Royauté, l’assemblée législative, devenue Convention, tient sa première séance publique et proclame la Première République qui se nomme officiellement République française.  Je crois que c’est avec Valmy, cette victoire de l’armée des gueux, que le sentiment national, ce sentiment profond de la notion de République, s’ancre dans l’esprit et dans le coeur des Français.

La Première République va durer jusqu’en mai 1804. C’est une nouvelle forme politique, nouvelle forme d’exercice du pouvoir en Europe et, le 22 septembre 1792, décision est prise de dater les actes de l’an I de la République .

Le 25 septembre 1792, la République est déclarée une et indivisible.  Le calendrier républicain est adopté en octobre 1793.
De 1792 à 1802, la France est en guerre avec le reste de l’Europe .  A cela s’ajoute le problème intérieur de la Guerre de Vendée .  La Convention nationale traverse plusieurs crises politiques qui amènent trois formes de gouvernement :
− de septembre 1792 à octobre 1795, avec la période dite de la Terreur d’avril 1793 à juillet 1794 (date de la chute de Robespierre), le pouvoir est exercé par le Comité de Salut Public dominé par les Montagnards.
− du 26 octobre 1795 au 9 novembre (18 brumaire) 1799, c’est le Directoire.
− Puis du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804, la prise de pouvoir du général Bonaparte amène le Consulat. La Première République prend fin avec le couronnement de Napoléon Ierqui instaure le Premier Empire.
Nous sommes en 1804, l’Empire est mis en place et la première République a vécu.
Il faut attendre quarante-quatre ans et bien des événements historiques avec, un Empire, deux Restaurations et une Monarchie dite monarchie de Juillet, pour que renaisse de ses cendres la République.
.
.
Article rédigé par
Jeanne BRUNEREAU
membre de la LDH
janvier 2011

.

.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

12345...8
 

Association de parents d'él... |
amies16 |
Blog de l'association TRAIT... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | BRESSOLS.BRIAL VERLHAGUET -...
| Association PPCBL
| Section CFDT de Sofradir